Stefirst – Made in Ardecho

Je me surprends à sourire

Plus que quelques jours… 2011 touche à sa fin. Je me retourne quelques instant pour regarder.

Ce qui m’a le plus marqué en 2011, dans ma vie personnelle, sera sans doute mon changement de travail. Ce que j’attendais depuis bien longtemps à enfin réussi à se faire, non sans mal. Un nouveau travail, une nouvelle équipe, un nouvel environnement, un nouvel équilibre à ce niveau là et tout plein de découvertes à faire. C’est ce que je veux retenir cette année.

Côté vie personnelle, heureusement, pas de changement. Nours toujours à mes côtés. Et moi, plus amoureux que jamais.

Et ma vieille noute, là aussi. Elle aura atteint les 14 ans ½ et je souhaite que le Noël que l’on vient de passer ne soit pas encore son dernier.

Sinon, j’ai réussi, en moins d’un an, à perdre 16 kilos et à les reprendre ! Merci M. Dukan, votre régime, c’est vraiment, vraiment, vraiment de la merde. Dès qu’on l’a fini, en respectant scrupuleusement toutes les phases et que l’on recommence à manger normalement (quand je dis normalement, c’est sans excès aucun et en faisant la journée protéines dans la semaine), on récupère facilement presque 1 kilo tous les 7 jours. Du coup, faut penser à quelque chose d’équilibré pour revenir à un physique regardable (au moins pour moi) dans la glace.

Ce qui a compter aussi en 2011, ce sont les visites des amis à la maison. Ceux qui viennent régulièrement, ce qui viennent une fois l’an, et les autres, qui passent dire bonjour. Cette maison que je trouve un peu trop grande à aussi l’avantage de pouvoir recevoir beaucoup de monde. Et ce, en toute saison (même si l’été est quand même bien plus agréable). Il y a aussi les invitations lancées mais qui n’ont pas été honorées par faute de temps ou d’autres choses. Ce n’est que partie remise.

Il y a eu les moments rares, comme celui-là. Et ceux moins rares mais tout aussi important pour qu’ils soient précieux.

Il y a eu les vacances en Bretagne. Pas besoin de partir loin pour adorer. Et celles à L’Escala, obligatoires, sans quoi, je ne vais pas.

Bien sûr, il y a ceux qui nous ont quitté, comme dans toutes les familles je suppose. Mais il y a ceux qui sont arrivés aussi…

Quand je me retourne vers 2011, je me rends compte qu’elle aura été plutôt positive dans l’ensemble. Et en écrivant ça, je me surprends à sourire.

La betterave plurielle

Pour mon anniversaire, Nours m’avait invité au « 7 », le célèbre bistrot tenu par Anne-Sophie Pic. Ce qu’il m’avait caché jusqu’à l’ouverture des cadeaux, c’est qu’il avait aussi prévu un repas au restaurant gastronomique de la dite dame. Et ce vu donc samedi, en l’honneur de notre anniversaire à nous deux, que nous nous sommes attablés dans ce grand lieu.
Je pense que les mots vont me manquer pour décrire les sensations gustatives qui ont comblé cette soirée. Rien ne serait assez dithyrambique pour vous faire l’énoncer de ce que nous avons pu ressentir.  Je vais pourtant essayer de vous donner quelques pistes.
Il a été clair, je pense, que dès notre arrivée, le personnel s’est rendu compte que nous n’avions décidément pas l’habitude de fréquenter pareil endroit. Une fois assis, nous n’osions pas bouger, plutôt mal à l’aise dans ce décor. Très vite nous nous sommes détendus pour goûter pleinement aux plaisirs qui ne tardèrent pas à arriver sur notre table.
J’avais rencontré Anne-Sophie Pic il y a presque trois ans, lors d’un cours de cuisine qu’elle donnait alors dans son école « Scook ». J’avais pu apprécier la femme humble, timide, accessible et d’une gentillesse incroyable qu’elle était. J’étais admiratif, j’en devenais fan. Et lorsqu’elle s’est présentée à notre table samedi soir, pour venir nous saluer, j’ai fait mon Stefirst, le même qui avait fait surface devant le prix Goncourt il y a quelques semaines. Impossible de sortir un mot et un sourire niais sur le visage, au grand dam de Nours qui voulait m’entendre lui exprimer toute l’admiration qu’elle m’inspire.
La qualité des plats servis était au delà de toute espérance. Et je pense que le fait que le chef soit une femme amène une sensualité et une douceur dans les arômes que n’ont sans doute pas ses pairs masculins.
Allez, assez attendu, il faut que je vous donne le menu qui nous a été servi :

L’amuse bouche (crème brûlée de foie gras servie avec une mousse de grany smith)

La carotte et la fleur d’oranger (fine gelée et mousseux à la carotte, yaourt brassé à la fleur d’oranger et Voatsiperifery)

La betterave plurielle (textures fondantes et crémeuses au café Blue Mountain acidulé d’épine vinette)

La Saint Jacques normande (cuisinée en légère amertume de réglisse, anguille fumée, tombée de trévises rosa vénitienne et flamme)

Le Saint Pierre de petits bateaux (à la vapeur douce de menthe poivrée, râpée de truffe noire, asperge de Mallemort minute)

Le chevreuil (noisette légèrement fumée à la vanille de Tahiti, choux anciens, jus corsé)

Le brie de Meaux revisité

Le citron et la baie de genièvre (en combinaison crémeuse et mousseuse, sorbet et jus de citron)

Je passe sous silence les diverses mignardises qui ont accompagné ces plats, mais elles étaient toutes aussi succulentes.

Une mention sera donnée à la sommelière qui s’est occupée de nous. Les vins avaient été prévus pour s’accorder parfaitement avec nos mets ; un Condrieu et un Côte-Rôtie. Ses conseils de dégustations et les descriptions qu’elle a pu nous faire des plats, et de la cuisine en général, d’Anne-Sophie Pic, tout en finesse et en justesse, ainsi que son sourire, sa pétillance et sa fraîcheur ont contribué à faire de cette soirée une magnifique expérience qui restera pour longtemps au Panthéon de ma mémoire.

Et bien sûr, ce billet ne serait pas complet si je ne disais pas 1000 fois merci à mon Nourson d’amour pour m’avoir emmener là. Tu sais toujours trouver les attentions qui me font chavirer. C’est aussi pour ça que je t’aime.

Il est toujours un peu difficile, voire douloureux, de revenir ici. Surtout quand on n’a pas écrit depuis bien longtemps. Souvent, je me pose la question de savoir si je continue à alimenter ces pages, si je ne laisse pas mourir ce blog de sa belle mort. Et puis je culpabilise. Voilà plus de 6 ans que, bon gré, mal gré, je tiens la barre, au rythme très irrégulier de mes humeurs.

Personnellement, je continue à lire pas mal de blogs, de ceux que j’ai découverts il y a bien longtemps (je suis fidèle) et d’autres, plus neufs. Pourtant, j’ai senti une vraie évolution. Ce qui se voulait légèrement intimiste, se voit, maintenant beaucoup plus « généraliste », voire, se sont transformés en blog de critiques, que ce soit littéraire, cinématographique ou autre, ce qui a enlevé un réel intérêt à ma lecture. Et puis il y a ceux qui disent au revoir, mais qui renaissent ailleurs. Et ceux qui disent « coucou » de temps en temps.

L’envie d’écrire ici est toujours présente. Mais je ne sais plus quoi raconter. Mes états d’âmes n’intéressent que moi. Et même si les mois de novembre et décembre n’ont pas été très joyeux pour Nours et moi, je n’avais pas envie d’en faire étalage ici.

Je vais quand même attendre un peu avant de marquer le mot « fin » ici. Je vais voir. Peut-être d’ailleurs que je ne le marquerai jamais, mais qu’il sera sous-entendu.

Je suis conscient que grâce à mon blog, j’ai rencontré des personnes chères à mon coeur aujourd’hui. Et j’aurai l’impression de les trahir un peu si j’arrêtais. Pourtant, quand je relis les derniers mois, je me rends compte qu’il n’y a pas beaucoup de moments gais ici. Alors qu’en fait, j’en ai eu tellement dans ma vie. Il est vrai que mon moral n’est pas au beau fixe en ce moment. Certaines mauvaises nouvelles sont venues assombrir cette fin d’année. Quand je me rends compte de la noirceur de certains de mes billets, je me rappelle d’un sujet de dissertation que j’avais eu en fac : « La littérature occidentale est-elle la littérature du triste ? » J’avais adoré ce sujet.

Je crois que ce que j’ai envie pour ce blog, c’est d’un peu de couleur dans mes mots. Partager mes moments de bonheur. Il y a trois jours, nous avons fêté nos 9 ans de mariage de PACS avec Nours. Pas un mot ici. Pas voulu prendre le temps d’en mettre un pour vous faire partager cet instant important à nos yeux. Juste un message sibyllin sur les réseaux sociaux. Ces fameux réseaux sociaux qui ont pris le pas sur nos blogs à tous. On y est, on y lit, on y commente, on y écrit. On remplace…

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