Stefirst – Made in Ardecho

Stefirst - Made in Ardecho

En faisant l’écureuil

Le résultat de l’IRM est tombé vendredi matin. Il y a une semaine. Pas une, mais deux hernies discales. (« Vous ne faites jamais les choses à moitié, Monsieur Stefirst », dixit mon médecin quand je lui ai lu le bilan au téléphone). Celle que l’on connaissait depuis longtemps, en L5-S1 et une autre, plus haut, en dorsale. En fait, les douleurs que j’ai depuis des années et que je prenais pour des douleurs musculaires n’en sont pas. C’est bien une hernie qui me déclenche tout ça, le long de l’omoplate droite.

Celle qui me titille depuis bientôt un mois, elle, est « très volumineuse » (c’est ce qu’il y a de marqué dans le compte rendu de l’IRM). Mon médecin m’avoue alors qu’il est extrêmement rare de voir ce genre de commentaire. Elle touche la racine des nerfs, ce qui explique mes symptômes. Tiens, en parlant de ça, j’ai eu ma visite médicale du travail hier. Et bien mon pied gauche ne réagit toujours à aucun stimuli…

Maintenant, j’attends que le cabinet du neuro-chirurgien me rappelle pour me donner la date du rendez-vous. Je pense que je vais insister lourdement pour qu’il m’ouvre si je le vois hésiter. Et puis, s’il peut me faire les deux pour le prix d’une, ça n’en sera que mieux. Avec mon nouveau boulot, je suis certain que je serai largement plus tranquille après.

Pourtant, je suis un peu inquiet face à cette opération. Même si mon docteur m’a dit que c’était « comme l’appendicite de nos jours », je ne sais pas combien de temps il faudra que je reste allité, combien de temps je vis rester à l’hôpital, si je devrais aller en centre de rééducation (je déteste Vals-les-bains, mais c’est le plus proche) et surtout, si je vais avoir mal longtemps. Ouais, je sais, une vraie chochotte… Mais bon, je me prépare à toutes éventualités. Comment ? En faisant l’écureuil : je stocke livres, BD, films, séries en vue de longues journées pareilles à celles des trois semaines passées allongé. De toutes façons, pas besoin de crier avant d’avoir mal. Mais ça tourne quand même un peu dans ma tête ces derniers temps.

L’Homme qui voulait vivre sa vie

Dans mon précédent billet, je vous disais que je venais de lire L’homme qui voulait vivre sa vie de Douglas Kennedy. Et ce, pour des raisons professionnelles. Je sais que là, je suis moyennement crédible, mais pourtant, c’est bien le cas. J’avais lu juste avant Une relation dangereuse, et je compte bien en lire un ou deux autres avant le mois de juin pour savoir de quoi je parle.
Revenons-en à L’homme qui voulait vivre sa vie. Le roman n’a rien d’exceptionnelle. Mais l’histoire est prenante, même si je l’ai trouvée un peu longue à démarrer. Dans l’ensemble, je ne me suis pas ennuyé. Oh ! On n’en fera pas un classique, je vous rassure, mais pour passer le temps, c’est vraiment pas mal. L’écriture est simple. J’ai par contre été très géné par les prix des articles que nous donne Douglas Kennedy à chaque fois que son héros achète quelque chose. Sans doute voulait-il démontrait quelque chose, mais franchement,ça m’a gonflé.
Si je reparle de ce livre, c’est que, bien entendu, j’ai voulu voir le film qui en avait été tiré. Et c’est là que le bat blesse. Il s’agit d’un film français tiré d’un roman américain. Et moi, le cinéma français, c’est pas ma passion première. Pour être tout à fait franc, rares sont les films made in France qui m’ont fait triper. Souvent, je trouve le 7ème art de notre pays mauvais, prétentieux, sans saveur et sans odeur. Les acteurs ne trouvent pas obligatoirement grâce à mes yeux. Ils se contentent de faire du… en ne changeant que très rarement de registre.
Et là, et bien, je dois dire que je n’ai pas été déçu une minute. Heureusement que j’avais lu le livre pour avoir au moins la trame de l’histoire, car je pense que sinon, je n’aurai rien compris. Que l’on adapte un roman pour le placer dans un autre pays, pourquoi pas. Qu’on transforme les noms, passe encore. Mais quand on détruit une histoire pour faire du soit disant style, de la recherche d’images qui se voudraient intéressantes (et qui ne le sont pas), quand l’acteur principal fait du Romain Duris et rien d’autre (toujours la même manière de jouer en grimaçant, que ça soit un drame ou une comédie) et qu’il ne sert en rien ce qui se passe sur l’écran, et bien ça m’énerve et ça me fortifie dans mon opinion de l’état du film en France. En fait, Romain Duris, tout le long du film, je n’ai eu qu’une seule envie : le choper, lui couper ses cheveux filasses, lui faire un shampoing anti-poux et le laver au savon noir.
Alors bien sûr, j’entends déjà les commentaires sur le cinéma américain, les grosses machines, les trucages, les écrans verts. Oui, mais ils savent faire du divertissement, ils savent nous transporter dans d’autres mondes et d’autres univers et ils savent raconter une histoire, aussi bête fusse-t-elle. Donc…
Non, décidément, je n’ai pas aimé ce film qui pour moi respecte bien la tradition du cinéma français : brouillon, prétentieux et chiant.

Far west

Ce qu’il y a de bien, lorsqu’on reste allongé pendant près de trois semaines, c’est qu’on peut rattraper un peu le retard qu’on a accumulé au niveau de la lecture, du visionnage de films et de séries. Voire même en découvrir quelques unes.
Les lectures sont allées bon train au début. Deux Douglas Kennedy (pour des raisons professionnelles, mais j’avoue avoir bien aimé L’homme qui voulait vivre sa vie, moins Une relation dangereuse, qui ressemble trait pour trait à un mauvais téléfilm de l’après-midi sur M6 ou TF1). Je me suis aussi plongé dans une très bonne biographie de Calamity Jane, signée Gregory Monro. Ce qui m’a réellement plus dans cet ouvrage, ce sont les photos de ce Far West loin des clichés véhiculés par les films avec John Wayne. Il y a un cliché qui m’a particulièrement frappé, sur lequel je suis resté pendant un long moment. Il s’agissait d’un campement indien. Des tipis, à perte de vue, dans un plaine magnifique, traversée par un cours d’eau dans lequel boivent quelques chevaux. Un paysage magnifique, empli de paix et de calme.
Suite à cette lecture, je me suis enfoncé dans la série Deadwood, que je ne connaissait pas. L’histoire colle assez bien à la véritable histoire de Calamity Jane et de ses comparses. Mais là encore, l’ambiance est extraordinaire. Les décors de la série sont calqués sur les clichés que j’ai pu voir de cette célèbre ville du far west.
Et pour compléter le tout, je me plonge actuellement dans Le sang des Dalton de Ron Hansen.
C’est maintenant que je dois avouer une de mes faiblesses. J’adore tout ce qui tourne autour de cette période de l’histoire américaine. Celle des pionniers, des villes champignons, de l’exploration de terres inconnues, qui devaient être d’une richesse et d’une beauté à couper le souffle. La découverte, les immensités désertes, la solitude.
Souvent je me plais à m’imaginer au centre d’une plaine, habitant une cabane de rondins de bois, chauffé par un poêle qui sert aussi de cuisinière, avec rien autour, la première ville à des dizaines de kilomètres. Mon côté sauvage et asocial reprend alors le dessus.
Je disais justement à Nours ce matin, que si tout était à refaire, je crois que j’aimerai qu’on achète un terrain plutôt qu’une maison, sur lequel on ferait construire cette cabane pour y vivre. J’avais déjà confessé mon amour des endroits confinés. Mais je voudrais cet endroit chaleureux, sans pour autant sacrifier aux règles du confort. Hors de question de s’allumer à la bougie. On peut bien imaginer une cabane confortable, avec l’électricité. Il y a sans doute une seule chose que je ne changerai pas, c’est celle du poêle à bois.
Mais Nours, lui, m’a bien fait comprendre qu’il tenait quand mêmeà son espace chaud, confortable et vaste. Ne serait-ce que pour recevoir les amis…

C’est la crise

Voilà maintenant une semaine que je vis couché. Mon dos, qui faisait un peu des siennes depuis quelques jours déjà, a définitevement décidé de me laisser tomber. Et je dois dire que j’ai rarement eu une crise comme celle-ci. La douleur qui me vrille la fesse et la cuisse gauche ne veut absolument pas s’atténuer et mon pied du même côté a perdu sa sensibilité. Même lorsque mon médecin m’a fait le test des réflexes, rien, que dalle. Il est resté complétement immobile.

J’attends maintenant le scanner que je dois passer la semaine prochaine pour savoir si quelque chose a évolué en mal depuis 2009. J’ai une sciatique calcifiée. Deux de mes vertèbres sont donc réunies, emprisonnant normalement cette saleté de sciatique qui, même si elle se rappelait à moi quelques fois, ne devrait pas évoluer. C’était plutôt une bonne nouvelle. Mais le hic, c’est que le nerf qui commande la jambe est lui aussi prisonnier de cette calcification. Là, on a deux solutions : soit ça le protège, soit ça le coupe. Une chance sur deux.

L’opération n’est pas prévu. Le spécialiste qui m’a examiné il y a deux ans environs, m’a dit que ce n’était pas une urgence. En fait, il avait deux choix. Soit il se contentait de regardait mes radios et divers scanners et il me faisait hospitalisé sur le champ. Il enlevait les deux vertèbres, lles remplaçait par des pprothèses. 6 mois de remise enforme et je recours commme un lapin. Le deuxième choix, il l’avait devant les yeux. Un hommme de moins de 40 ans, plutôt en forme, qui devrait perdre un peu de poids (tiens, j’en ai repris, c’est peut-être la clé de tout…), mais qui ne se roule pas par terre de douleur. On attend donc, c’est la décision la plus raisonnable. Par contre, si lundi, on s’apperçoit que ça a évolué, il faudra sans doute penser à autre chose. Je  crois que j’ai un peu peur du coup.

Du coup, mes journées sont tranquilles, voire ennuyeuses au possible. Je lis, je surfe (je ne remercierais jamais assez Nours pour m’avoir offert ett mon iPad et le clavier qui va bien avec), je regarde la télé. Le pire, c’est que la fermeture de Mégaupload arrive bien mal pour moi (ayé, j’ai réussi à le placer).

De toute façon, aucune raison de se faire du soucis avant. Y’a plus qu’à attendre. Mais j’avoue que c’est le côté « faire mon Dom« que j’aime le moins.

Il y a celui qui ne compte pas

Samedi midi, on a fêté Noël. C’est comme ça chez nous. Il faut trouver une date qui convienne à tout le monde pour que la famille puisse se rassembler. En fait, je devrais marquer « presque à tout le monde » si bien évidemment l’avis que Nours et surtout moi pouvions émettre était un tant soit peu pris en considération.

Ces repas de famille deviennent de plus en plus pénibles pour moi. Non pas que je ne sois pas content de voir mes frères et sœurs, bien au contraire. Mais il y a une personne qui rend tout cela un peu plus désagréable à chaque fois : la matrone qui règne sur la tribu d’une main de maître. Et comme dans toute tribu, il y a celui qui ne compte pas…

J’ai osé dire que faire ça un samedi midi ne nous arrangeait en rien. C’est le seul jour de la semaine que nous avons de libre et il est bien rempli. En plus, fait exprès, nous avions des rendez-vous importants notamment dans la matinée. Notre banquière nous attendait pour finaliser le prêt pour l’achat de la nouvelle voiture et nous devions nous rendre chez un concessionnaire de la marque pour choisir la couleur, la commande devant se faire ce lundi.

J’ai osé ! On m’avait prévenu bien à l’avance que ça se faisait le midi (tiens, bizarre, Nours et moi l’avons appris un peu par hasard en tout début de semaine par ma frangine, mais nous devons avoir des problèmes de mémoire) et je n’ai rien à dire. Pour être juste, il faut que je rajoute que la date a changé un nombre incalculable de fois en fonction des humeurs et des emplois du temps. Les seuls a toujours avoir été conciliants là-dessus, c’est nous et ce, quelque soit le jour proposé. Sans doute est-ce normal.

Je n’avais pas le goût à la fête. Je sentais bien que l’on me reprochait de ne pas faire d’effort. On me reprochait même des choses pour lesquels je ne pouvais rien, ce que j’ai bien souligné en début de repas. On m’a gâché mon plaisir de passer la journée avec des gens que j’aime.

Le soir et les jours suivants, c’est Nours qui me gère, moi et mon moral dans les chaussettes. J’en ai marre de culpabiliser chaque fois que je la vois. J’en ai marre d’avoir l’impression qu’elle nous tolère. Oui, elle n’aura pas de petits-enfants, oui, son fils est pédé comme un foc. Oui, je ne peux pas supporter la comparaison avec d’autres « mâles » de la famille. Oui, oui, oui… Oui, elle prie et pleure pour moi tous les jours (aveu qui date d’une dizaine de jours). Mais pourquoi pries-tu ? Pourquoi pleures-tu ? Pourquoi je pose ces questions, je connais déjà les réponses. Mais j’espère que si Dieu existe comme tu le penses, il sait mieux que toi quel est l’amour véritable qu’il prône. Et non, je ne rencontrerai pas une gentille fille, je n’aime pas ça !

Ca me fait penser à un passage de la chanson de Didier Super, Le club des catholiques :

« Moi aussi j’aimerai devenir catholique
Moi aussi je veux détenir la vérité
Car quand on est convaincu qu’on a raison ,
On n’a plus besoin de se casser le cul à réfléchir »

Je peux concevoir que cette situation n’a pas dû être simple à gérer. Mais depuis le temps…

Mais bon, sans doute que tout ça est un rien exagéré. Que non, il n’y a pas de préférences. Que tout n’est que le fruit de mon imagination. Sans doute est-ce réellement de ma faute.

 

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