Stefirst – Made in Ardecho

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Sans réelle conviction

J’attendais cette nouvelle campagne présidentielle avec impatience. Pour plusieurs raisons. La première étant, bien entendu, de tenter par tous les moyens de faire partir Joe Dalton de son palais. La suivante étant de redonner un peu de vie à ce blog.

Je me souviens de la campagne de 2007. Je publiais en moyenne un billet tous les deux jours sur le sujet, essayant vainement de défendre mes convictions et mon choix de voter pour la première femme arrivant au second tour d’une présidentielle en France. En relisant mes écrits de l’époque (que vous ne trouverez plus ici), je retrouve mes arguments, pas tous pertinents, mais tous sincères.

Cinq ans plus tard, je fais le constat que je ne suis pas au rendez-vous. Je n’en ai pas envie. J’éprouve comme un profond malaise dans cette campagne, quelque chose à la fois malsain et puant. Et comme une certaine fatalité, quelque soit le candidat qui l’emportera.

Je suis allé voter aux primaires socialistes. Je n’avais pas choisi Mister Mimolette. Aujourd’hui, c’est lui que je soutiens, du bout des lèvres, même si, à mon corps défendant, je le trouve plutôt bon quand il s’exprime (bien trop peu à mon goût). En fait, la seule chose que j’attends de lui, c’est qu’il tienne ses promesses en matière de mariage et d’adoption pour les couples de même sexe. Ne soyons pas hypocrite. Le reste, s’il le fait bien, tant mieux, de toute façon, il ne pourra pas faire pire que celui qui est en place.

Il y a aussi les autres candidats. Ceux que l’on retrouve. Point de parole sur la fille de son père. Si je pouvais la choper par les cheveux et lui éclater la tête sur le coin d’un bureau, je le ferai sans hésiter. Et le mec en orange. Alors celui-là, je ne le sens pas plus qu’il y a cinq ans. Ne rêvons pas, c’est un mec de droite. Il ne tiendra aucune de ses promesses sensiblement à gauche. Même si, à mes yeux, c’est sans doute le seul qui soit un peu sincère dans ce qu’il fait.

Et il y a les petits nouveaux. Hier, j’ai fait un sondage à la con pour savoir pour qui mon cœur balance. Philippe Poutou ! Mais c’est que je suis un vrai rebelle ! Par contre, hors de question de voter pour le sosie souriant de Charles Montgomery Burns (vous savez, des Simpsons). Et le meilleur pour la fin : Mélanchon. Pour le coup, je ne comprends pas l’enthousiasme des foules. Vous n’avez pas l’impression de voir le parfait reflet inversé de Sark0zy pour le coup ? Il drague les voix de l’extrême gauche comme l’autre de l’extrême droite. Ils sont aussi populistes l’un que l’autre. Leurs promesses ne seront jamais respectées. Non, pour moi, Mélanchon, c’est le Sark0 de gauche. Je revois dans l’engouement que les gens ont pour lui celui qu’il y avait pour Joe Dalton en 2007.

Vous l’aurez compris. Mon blog sera beaucoup moins politique cette année. J’irai voter, c’est certain. Pour H0llande, sans aucun doute. Mais sans réelle conviction…

L est revenue

Je crois que je n’ai jamais parlé d’L ici. Il faut dire qu’L avait disparu de ma vie depuis bien longtemps quand j’ai entrepris l’écriture de ce blog.

Pourtant, voilà qu’L est revenue. D’un coup. Sans prévenir. Quand mon téléphone a sonné, au milieu d’un supermarché de Séverac le Château battu par une tempête de janvier, jamais je n’aurai cru que ça serait L.

« Bonjour. Je recherche un Stefirst que j’ai connu il y a longtemps et je voulais savoir si c’était vous. »

« Présentez-vous d’abord, je vous dirai si c’est moi ensuite. »

« Et bien nous avons correspondu pendant longtemps. J’habitais en Outre-mer. »

A ce moment là, mon corps a été pris de frissons. Cette voix, cet appel venaient d’un autre temps, d’une autre vie. Cette voix que je n’avais dû entendre qu’une ou deux fois dans mon existence revenait brutalement me rappeler qu’L existait.

Pendant prés de dix ans je pense, et au moins jusqu’en 1992, j’ai correspondu avec L. à raison d’une lettre par semaine. Tout, elle savait tout de moi, même ce que je ne disais pas dans mes lettres, et la réciproque est vraie aussi. Nous avons construit au fil des années une relation, une confiance que peu d’amitiés peuvent connaître. Sans doute le côté « journal intime » que l’on peut conférer à notre correspondance et le fait que nous ne nous soyons jamais vu a aidé. On se confiait tout. Les moments de bonheurs, les peines, les espérances. Deux âmes adolescentes qui parlaient l’une à l’autre.

La correspondance a fini en 1992 ou 1993 je ne me souviens plus bien. Tout ce que je sais, c’est que j’étais déjà à Grenoble. J’ai tenté deux ou trois fois d’envoyer une lettre, mais je n’ai pas eu de réponse.

Pendant ces presque vingt ans qui se sont écoulés, j’ai fait quelques tentatives de recherches. Sur Internet d’abord, sur les réseaux sociaux ensuite. Je ne savais pas qu’elle avait changé de nom pour prendre celui de son mari. L’espoir d’avoir de ses nouvelles était mince.

Et puis ce coup de fil.

Et depuis… Trois ou quatre mails par semaine… La correspondance a repris de plus belle. On se réapprend. On se redécouvre. On se raconte. La teneur de cette nouvelle relation épistolaire n’est pas (encore) celle qu’elle avait sur le papier. Mais nous allons de plus en plus dans le détail, dans les souvenirs afin que l’autre comprenne aussi celui que nous sommes devenus et le pourquoi de certains changements.

Je sais que lorsque j’ouvre ma boîte mail et qu’L m’a répondu, j’ai le même moment de joie que j’avais lorsqu’on me tendait l’enveloppe avec son écrire dessus. Pour vous dire combien L est importante à mes yeux, malgré les années de silence : j’ai gardé toutes ses lettres. Elles sont rangées dans un carton, au grenier. Je ne les ai jamais ni perdues ni jetées.

Et aujourd’hui, j’espère de tout cœur que dans dix ans, nous continuerons à nous écrire. Espoir que je n’aurai pas formulé au tout début de notre correspondance adolescente… L m’a bien donné tort.

Les hommes qui n’aimaient pas les femmes

Millenium restera pour moi, avant tout, une magnifique trilogie de romans policiers dans laquelle je me suis plongé et d’où je suis ressorti la respiration coupée. C’est sans doute elle qui m’a réconcilié avec le thriller en général.

J’ai vu les deux épisodes du téléfilm de Niels Arden Oplev correspondant au premier tome, Les hommes qui n’aimaient pas les femmes, (et dont a été tiré le film sorti en France en 2009), et j’avais trouvé la transposition très (trop) fidèle, se calquant quasiment au mot prêt à la version papier. Les acteurs correspondaient en tous points aux personnages développés par Stieg Larson, mention spéciale à Noomi Rapace dans le rôle de Lisbeth Salander, qui, à mes yeux, était formidable. En gros, je n’avais pas été déçu.

Dimanche soir, j’ai regardé la version américaine, avec Daniel Craig. La caution que peut être David Fincher m’a fait pensé que je ne prenais pas trop de risque. Et là, je dois dire, quel choc visuel ! Le film frôle pour moi la perfection de ce qui pouvait être tiré du roman. Sans le calquer de trop prêt (notamment la fin légèrement remaniée), Fincher a réussi à mettre sur écran l’âme du livre. Daniel Craig y campe un Blomkvist plus vrai que nature. Son côté vieillissant, aux fêlures apparentes, aux faiblesses qui le sont tout autant, casse l’image de l’espion britannique qui aurait pu coller à la peau de l’acteur. Et que dire de Rooney Mara ? Je crois que j’ai préféré son interprétation de Lisbeth, alors que Noomi Rapace avait déjà mis la barre très haut. Le côté légèrement autiste qu’elle a pu donné à Lisbeth m’a bluffé.

Bien évidemment les acteurs ne font pas tout. La mise en scène au millimètre et les images léchées de David Fincher, ainsi que cette ambiance légèrement jaunâtre ont conféré au film une force et une intensité que nous ne trouvons pas dans la version suédoise.

Vraiment, pour ceux qui ont aimé le livre, aucune chance d’être déçu. Et pour les autres, ceux qui ne l’aurait pas aimé ou qui ne l’aurait pas lu, allez-y la conscience tranquille. Un bon moment garanti. Du coup, je languis les deux autres volets.

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