Stefirst – Made in Ardecho

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Il y a celui qui ne compte pas

Samedi midi, on a fêté Noël. C’est comme ça chez nous. Il faut trouver une date qui convienne à tout le monde pour que la famille puisse se rassembler. En fait, je devrais marquer « presque à tout le monde » si bien évidemment l’avis que Nours et surtout moi pouvions émettre était un tant soit peu pris en considération.

Ces repas de famille deviennent de plus en plus pénibles pour moi. Non pas que je ne sois pas content de voir mes frères et sœurs, bien au contraire. Mais il y a une personne qui rend tout cela un peu plus désagréable à chaque fois : la matrone qui règne sur la tribu d’une main de maître. Et comme dans toute tribu, il y a celui qui ne compte pas…

J’ai osé dire que faire ça un samedi midi ne nous arrangeait en rien. C’est le seul jour de la semaine que nous avons de libre et il est bien rempli. En plus, fait exprès, nous avions des rendez-vous importants notamment dans la matinée. Notre banquière nous attendait pour finaliser le prêt pour l’achat de la nouvelle voiture et nous devions nous rendre chez un concessionnaire de la marque pour choisir la couleur, la commande devant se faire ce lundi.

J’ai osé ! On m’avait prévenu bien à l’avance que ça se faisait le midi (tiens, bizarre, Nours et moi l’avons appris un peu par hasard en tout début de semaine par ma frangine, mais nous devons avoir des problèmes de mémoire) et je n’ai rien à dire. Pour être juste, il faut que je rajoute que la date a changé un nombre incalculable de fois en fonction des humeurs et des emplois du temps. Les seuls a toujours avoir été conciliants là-dessus, c’est nous et ce, quelque soit le jour proposé. Sans doute est-ce normal.

Je n’avais pas le goût à la fête. Je sentais bien que l’on me reprochait de ne pas faire d’effort. On me reprochait même des choses pour lesquels je ne pouvais rien, ce que j’ai bien souligné en début de repas. On m’a gâché mon plaisir de passer la journée avec des gens que j’aime.

Le soir et les jours suivants, c’est Nours qui me gère, moi et mon moral dans les chaussettes. J’en ai marre de culpabiliser chaque fois que je la vois. J’en ai marre d’avoir l’impression qu’elle nous tolère. Oui, elle n’aura pas de petits-enfants, oui, son fils est pédé comme un foc. Oui, je ne peux pas supporter la comparaison avec d’autres « mâles » de la famille. Oui, oui, oui… Oui, elle prie et pleure pour moi tous les jours (aveu qui date d’une dizaine de jours). Mais pourquoi pries-tu ? Pourquoi pleures-tu ? Pourquoi je pose ces questions, je connais déjà les réponses. Mais j’espère que si Dieu existe comme tu le penses, il sait mieux que toi quel est l’amour véritable qu’il prône. Et non, je ne rencontrerai pas une gentille fille, je n’aime pas ça !

Ca me fait penser à un passage de la chanson de Didier Super, Le club des catholiques :

« Moi aussi j’aimerai devenir catholique
Moi aussi je veux détenir la vérité
Car quand on est convaincu qu’on a raison ,
On n’a plus besoin de se casser le cul à réfléchir »

Je peux concevoir que cette situation n’a pas dû être simple à gérer. Mais depuis le temps…

Mais bon, sans doute que tout ça est un rien exagéré. Que non, il n’y a pas de préférences. Que tout n’est que le fruit de mon imagination. Sans doute est-ce réellement de ma faute.

 

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