Je crois que, dans ce mal-être professionnel que j’éprouve en ce moment, une peur domine tout le reste et est le facteur principal de cet état : finir comme mon père.
C’est à dire que j’ai peur de rester à un poste sur lequel je ne suis pas bien, sur lequel je m’ennuie et sur lequel je ne me sens pas à ma place. J’ai vu les ravages que ça peut faire et surtout, surtout, j’ai peur de connaître la fin de l’histoire, après presque 40 ans bétonné à un job que l’on n’aime pas. Et ça, je ne le veux pas.
Pour l’instant, et je rassure tout le monde, je n’en suis pas encore là. Je sais que je ne suis pas mon père et que je ne réagis pas (obligatoirement) comme lui. Et puis son exemple doit me pousser à agir. Mais les soirs de déprime, je ne peux m’empêcher de penser que j’ai fait une grosse bêtise en ne réagissant pas avant. Lorsque j’ai accepté mon poste actuel, ça a été une formidable opportunité pour moi. Un truc quasiment inespéré. J’ai évolué dans un milieu que je ne connaissais pas du tout, j’ai appris plein de choses et j’avoue avoir passé du bon temps pendant disant, deux bonnes années. Je ne m’y rends pas non plus, tous les matins la corde au cou, n’exagérons rien. Mais je sens bien que mon statut de cadre B sur un poste de cadre C n’est pas la chose la plus seine qui soit. Voilà bientôt 4 ans que c’est le cas et je me dis que plus personne n’emploiera un agent qui n’a pas exercé à son grade depuis aussi longtemps. En effet, quelle crédibilité peut-il avoir ? C’était justifiable pendant un ou deux ans : le désir de changer de région, l’opportunité qu’à constitué à un moment donné ce job. Mais aujourd’hui, j’ai la sensation d’avoir tué ma carrière professionnelle et la trouille de devoir continuer comme ça pendant encore plus de 30 ans. Mon expérience antérieure ne peut plus compter, elle est trop antérieure justement.
Bien évidemment, je tente de sortir la tête de l’eau et de faire le nécessaire pour trouver autre chose. Comme l’a marqué Brige en commentaire sur mon dernier billet, ce n’est qu’un travail et je vaux (sans doute) mieux que ça. Il est vrai qu’un travail n’est pas tout et ce n’est surement pas ma priorité. Heureusement, j’ai d’autres choses beaucoup plus précieuses dans ma vie. Mais c’est quand même 35 heures par semaine. Alors oui, peut-être que je m’ennuierai vite sur le poste que je vise (et Brige sait de quoi elle parle !), mais ça me laisserait deux années tranquilles. Et puis j’aurai sans doute les coudées un peu plus large, au moins histoire de rendre le job assez intéressant pour que je reste un peu plus. Et je l’imagine aussi comme un étrier pour me remettre en selle et pourquoi pas un tremplin ?
Et puis, il me reste toujours cet examen professionnel que je vais passer au mois de mai. A bien y réfléchir, j’ai quand même quelques pistes…

Brige a dit :
=) Voui, tu as des pistes sûrement, et le temps surtout! 4 ans dans un boulot qui t’ennuie, ça te laisse 36 ans pour reproduire le mal-être de ton père, qui ne se situait sans doute pas là uniquement, mais dans des sphères personnelles beaucoup plus complexe. Je le situais bien là le problème mon Steph, et j’aime bien quand tu ouvres la porte vers un meilleur possible, parce que tu es aimé, entouré, que tu as réussi déjà plein de choses, de défis, de missions, et que tout ça est ACQUIS! Antérieur, mais acquis. Et personne ne peut t’enlever ce mérite, même des années après. Non mais!