Toujours aucune nouvelle. Les jours et les semaines s’écoulent et je reste dans l’expectative. J’attends en vain un ou deux rendez-vous pour essayer de débloquer la situation, je sais que certaines personnes œuvrent aussi pour moi, dans la limite de leurs moyens, mais rien…
C’est cette attente qui est le plus stressante. Et le fait de se monter le bourrichon pour que dale. Je tente vainement de me raisonner, mais il est très dur de tenter de se motiver, de se dire que l’on fait le maximum lorsque, depuis toujours, l’estime que l’on a pour soit vise le zéro absolu et que cette situation tendue n’arrange rien.
Hier est arrivé un questionnaire. Je dois y marquer 5 ou 10 trucs dont je suis fier professionnellement. Et là, rien, le trou, nada. Je n’ai rien trouvé dont je puisse être réellement fier. Pourtant, en discutant avec Nours, je me rends compte que j’ai bien deux ou trois situations que je pourrais mettre, de celles qui m’ont porté à l’époque, que je voudrais mettre en avant aujourd’hui. Mais de là à les mettre comme réussite professionnelle, je ne sais pas… Je mets sans doute la barre trop haut. On ne me demande pas si j’ai éteints un incendie tout seul ou trouvé le vaccin contre le HIV, non, on me demande juste si j’ai fait des choses pas trop mal. Oui, il y en a, un petit peu…
Nours, lui, pense que j’ai une fausse image de moi, complétement tronquée, qu’il faut que je me fasse plus confiance, que je crois en mes capacités, ma personnalité, mon empathie, mon expérience… Je sais qu’il a raison, et en même temps, depuis deux ans que je cherche un autre job, je n’ai jamais réussi à dépasser le stade de la lettre de motivation suivie de la lettre de « Nous vous remercions, mais… ». Pas même un entretien ! Et j’ai beau me dire que c’est juste parce que quelque chose de mieux m’attend que pour l’instant ça stagne, à force de stagner, ça commence à sentir passablement l’eau croupie.
Alors ce poste, je le veux parce que je pense, je sais, qu’il est fait pour moi, parce que c’est tout ce que j’aime dans l’administration, parce que c’est dans des situations comme celles qui pourraient se présenter que je suis le meilleur, et aussi parce qu’il me permettrait enfin de me sentir mieux, peut-être avec une once de respect pour ma petite personne… Ca serait tellement bien.

