En ce moment, je m’interroge pas mal quant à certaines choses qui remuent le monde du multimédia français.
Tout d’abord, cette fameuse loi HADOPI, qui a changé de nom entre temps et qui s’appelle aujourd’hui loi « Création et Internet », comme pour se donner une nouvelle contenance alors que le contenu reste identique à ce qui a été décidé dès le début par les amis de Joe Dalton par les lobbies par des gens très bien et qui ne sont nullement intéressés dans cette affaire.
Un article que m’a signalé Nours, un peu long, soit, mais tellement intéressant sur le sujet m’a fait réfléchir à un autre système, celui-là pour l’instant légal, mais pour combien de temps.
Si un pirate, appelons Monsieur tout le monde comme ça, puisque c’est, soit disant, ce qu’il est, met un disque, un morceau de musique, un film en partage via un logiciel de peer-to-peer, c’est illégal car il le partage avec des milliers de personnes (dans un qualité moindre, bien évidemment que l’original, compression oblige) qui peuvent en faire ce qu’elles veulent, c’est à dire le regarder ou l’écouter une fois, le graver ou le diffuser de manière tout aussi illégale que le pirate en question.
Par contre, si l’Etat ou une collectivité locale met à le même CD, le même morceau de musique ou le même film à disposition (dans sa qualité d’origine) de milliers de personnes qui peuvent en faire ce qu’elles veulent, c’est à dire le regarder ou l’écouter une fois, le graver ou le diffuser de manière tout aussi illégale que le pirate en question, c’est légal.
Comment ça, me direz-vous. Mais simplement par le biais d’une bibliothèque municipale ou d’une médiathèque. Car la seule différence est le mot Culture. Car une bibliothèque, c’est culturel, faire découvrir ou partager des morceaux en ligne pour une communauté d’internautes, c’est illégal.
Car on peut philosopher sur l’intérêt d’une bibliothèque ou d’une médiathèque, intérêt que je serai le premier à revendiquer, il n’en reste que sur le principe, c’est la même chose. Il n’y a que le rayon d’action qui est différent.
La seconde chose qui m’énerve un peu en ce moment, c’est l’affaire Wizzgo. Vous connaissez Wizzgo, ce petit logiciel qui servait de magnétoscope numérique. On programme son enregistrement en ligne et une fois la diffusion faite, on récupère le fichier et on peut le regarder soit sur son PC, soit sur son Ipod. C’était un truc dont je me servais assez souvent, lorsque je ne pouvais pas voir l’une de mes nombreuses séries. Et bien là encore, les pouvoirs publics, avec les chaînes de télévision, ont signé la mort de ce service fort utile. Si au moins, les chaines proposaient ce genre de chose, mais j’avoue que, ce qu’ils appellent les catch up TV (du style M6 replay), ne m’intéresse pas. Je ne peux pas mettre le fichier sur mon Ipod et je ne peux pas le voir quand j’en ai envie. En fait, les catch up TV n’ont un intérêt que très limité contrairement à Wizzgo.
Depuis hier, une pétition en faveur de Wizzgo tourne sur le net. N’oubliez pas d’aller la signer, même si, à en croire ce que j’ai pu lire ce matin, un tribunal de Paris a bel et bien décidé de tuer Wizzgo une bonne fois pour toute.