Lettre à Madame
Madame La Mume,
comme convenu, je vous fais part de mes impressions quant au séjour de votre fils Domahom dans notre humble demeure.
Tout d’abord, laissez-moi vous féliciter sur l’éducation que vous lui avez donnée. C’est un garçon fort poli qui mange proprement (la plupart du temps). Et même s’il reste légèrement difficile sur les mets que l’on peut lui présenter, il goûte de tout. Pour vous dire, il a beaucoup aimé la caillette, un plat typiquement de chez nous qu’il se fera une joie de vous faire partager à son tour car il en a acheter une petite quantité pour sa « petite maman chérie », comme il aime à le dire.
Sa santé va bien, malgré le rhume avec lequel il est arrivé, sans doute dû au système de climatisation de son véhicule. Sa patte folle ne le fait pas trop souffrir non plus et nous avons été d’une prudence extrême lors de ses calvacades dans la garrigue à la recherche des dolmens qu’il chérit tant.
Il se lève tôt pour profiter au maximum de ses hôtes, ce qui est une attention très appréciable. Il discute et prend part à toutes les conversations de manière naturelle et souvent érudite, même s’il emploie quelque fois des mots que nous ne comprenons pas toujours comme sexetoyeuh (j’ai eu beau chercher dans mon petit Larousse, je n’ai pas retrouver la définition de ce terme et je ne suis pas certain de l’orthographe, veuillez me pardonner ; peut-être pourrez-vous éclairer ma lanterne quant à ce que peut bien être ce fameux sexetoyeuh). Il nous parle aussi souvent d’un endroit où il a l’air de se plaire et d’aimer aller : paidèlende. Ca ne doit pas être en France, car mon atlas Michelin ne l’indique pas. Il aurait aussi participé à une manifestation fort réjouissante, avec vous même d’ailleurs, qui, d’après ses descriptions, ressemble fort à notre carnaval : la guépraillede. Ce ne sont pas les mêmes dates et la différence majeur, si j’ai bien compris, tient dans le fait que nous, nous avons le roi du carnaval, alors que vous, ce sont des reines, mais de nationalité anglo-saxonne. Quels moeurs étranges vous avez dans le nord ; il faudra que nous y allions ensemble pour que je puisse raconter, lors de notre repas républicain, à mes voisins de tablées, toutes les choses exotiques que j’aurai vues.
Quant à son ami Smab avec qui il est venu, c’est aussi une personne fort gentille. Ils semblent beaucoup s’aimer avec votre fils et sont très complices. Je voulais l’installer sur un lit de camp, dans la salle à manger, mais ils m’ont assuré que ça ne les dérangeait pas de partager le même lit dans la chambre d’amis. J’ai beaucoup apprécié cette attention de leur part, car visiblement, ils voulaient m’éviter du travail supplémentaire. Le petit Smab nous a aussi fait un délicieux clafoutis aux prunes qui a enchanté nos fins de repas.
Voilà Madame La Mume, le compte rendu du court séjour de votre fils Domahom parmi nous. Il peut revenir avec son ami quand il veut et rester aussi longtemps qu’ils le souhaitent. Nous ne vous dirons jamais assez que vous être, vous aussi, la bienvenue ici, avec ou sans eux.
Je vous prie de croire, Madame La Mume, à l’expression de mes sentiments les meilleurs.
Stefirst.