Joyeux anniversaire !
Voyage harassant au retour. TGV bondé. Je me suis trouvé à côté d’un homme d’une soixantaine d’année qui n’a pas arrêté de renifler tout le trajet. C’est marrant comme un simple bruit vous donne des envies de meurtre. Au bout de trois minutes, je m’imaginais en train de lui fracasser le nez contre la vitre. Mais bon, j’ai fait mes exercices de respiration, je me suis plongé dans mon bouquin et j’ai tenté de l’ignorer pendant plus de trois heures.
De toute façon, j’ai de la chance lorsque je pars en train. J’aurai dû le sentir au moment de monter dans celui qui m’amenait à Lyon à l’aller. Il faisait 35° dehors et… 50° dedans. Bien entendu, lorsque le contrôleur est passé, les passagers lui ont fait la remarque. Sa réponse était on ne peut plus claire : « Vous savez, quand il fait chaud, la climatisation saute. » Mais on est trop content de savoir qu’elle marche super bien, la climatisation, quand il fait -20°, connard ! Puis ce fut le TGV qui m’emmenait à Saint Pierre de Corps. Pour le coup, là, elle marchait parfaitement la clim. J’ai même cru voir une colonie de pingouins passer en hurlant : « On est à la maison ! ». Si je n’ai pas attrapé de bronchite, c’est simplement que je possède une résistance physique hors norme.
Et puis je suis arrivé, fatigué, à 22 heures, au centre de formation. Et là, sous mes yeux, le château de la Star Academy. Je m’attendais à voir surgir Jennifer ou Jean-Pascal à tous les coins. J’ai eu envie de hurler : « Mais je ne sais pas chanter ! J’en suis même interdit à la maison tellement c’est catastrophique ! »
Non, rien de tout ça. Le gardien m’a indiqué ma chambre. Elle n’avait rien à envier aux différents hôtels dans lesquels j’avais pu dormir.
Le lendemain, j’ai fait la connaissance de mes collègues de la France entière. J’ai rencontré des personnes d’une gentillesse extraordinaire qui ont accueilli le petit nouveau comme s’il était avec eux depuis bien des années déjà. Il est toujours enrichissant de se mêler à d’autres. Et lorsque c’est dans le cadre professionnel, on apprend de l’expérience des « anciens » et on peut amener quelque chose de tout nouveau, une modernité ou une idée à laquelle ils n’avaient pas pensé, trop ancrés dans une sorte de routine. Et lorsqu’ils sont ouverts, ils acceptent cette idée avec bienveillance et non pas avec une levée de boucliers comme j’ai pu le vivre certaines fois.
En fin d’après-midi, nous sommes allés visiter le musée du compagnonnage à Tours. Si vous passez pas là-bas, il ne faut pas hésiter une seule seconde. Que de belles choses ! Que de talents ! Un vrai régal pour les yeux et pour le cerveau. A moins d’être un spécialiste, on ne sait pas grand-chose des compagnons de France (sauf qu’il y a eu une série télé dans les années 70 qui s’appelait « Ardéchois cœur fidèle » qui continue à énerver ma génération parce qu’on nous le balance à toutes les sauces dès qu’on annonce que l’on est de l’Ardèche).
Ce soir là, nous avons eu droit à une soirée latino. Nous n’étions qu’entre nous. Un régal de détente, de rire, de bonne chaire et de musique. Puis j’ai eu la surprise de voir les lumières s’éteindre, d’entendre les musiciens jouer « Joyeux anniversaire » et de voir arriver une bougie qu’il m’a fallu souffler. « Tu aurais dû nous prévenir avant, me dit notre formatrice, nous t’aurions fait faire un gâteau ». Puis ils me tendirent une serviette en papier qu’ils avaient tous signée, carte improvisée. J’étais profondément ému et touché. Cette marque d’affection provenant de personnes que je ne connaissais pas le matin même m’a bouleversé.
Le lendemain matin fut plus calme. Gueule de bois et mauvaise nuit à la clef pour une majorité d’entre nous.
J’ai repris le train en début d’après-midi. TGV bondé. C’était le début de mon billet non ? A Lyon, j’ai loupé ma correspondance. Heureusement, les trains entre Lyon et Grenoble ne sont pas rares. Arrivé à 20h05. Le sourire de Lofirst dans la gare qui avait amené les filles. Buffy a fait un peu la gueule après l’excitation des retrouvailles. Comment lui en vouloir lorsqu’on connaît son histoire ? Un jour, je vous la raconterai.
Merci à vous, qui m’avait permis de passer un « joyeux anniversaire ». Merci à tous ceux qui m’ont appelé, écrit, laissé un commentaire ici même. Je me rends compte combien j’ai de la chance de vous avoir tous.
Un dernier mot. Aujourd’hui, c’est la gay pride à Paris. Sous les airs festifs, ils faut aussi penser à tout ceux qui sont mal dans leur peau à cause de ça.